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Eryne Ruelle

Autrice, étudiante et rêveuse d'heures perdues…

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Chapitre 3 : La solitude

Posted on 22 February 202527 September 2026 by Eryne

Quand je suis revenue en Irlande après les fêtes de Noël et Nouvel An, je m’attendais à vivre des premières semaines compliquées. Mais en fait, tout va bien. Mieux que bien, même. Et honnêtement, j’en suis la première étonnée. J’ai eu un mois de vacances, que j’ai passé chez moi, en France, à revoir tout le monde et retrouver mes habitudes rassurantes — parmi lesquelles, à mon plus grand bonheur, les courses, la cuisine et les dissertations ne figurent pas. Après un mois à la maison, je m’attendais sincèrement à un nouveau temps d’adaptation à la vie à Dublin, mais pas du tout. Le plus dur était surtout de repartir, de dire au revoir à tout le monde. Une fois que j’étais là, à UCD, sur le campus, c’était… simple ? J’avais simplement une pensée en tête : C’est reparti.

Donc oui, ça va très bien. Bien mieux qu’en novembre, quand j’ai passé les trois quarts de mon temps à être malade tout en ayant plein de choses à faire. Et même, mieux qu’en décembre, alors que je croulais sous la quantité de travaux à rendre et examens à faire.  Pourtant, oui, je me sens seule, souvent. 

La solitude. Un grand sujet pour tout étudiant qui n’habite plus chez ses parents, mais bien plus encore pour les étudiants à l’étranger. 

Depuis Septembre, à la question « alors, c’est comment l’Irlande ? », j’ai toujours répondu honnêtement : C’est super. J’adore ce que j’étudie, l’endroit est génial. Mais avec la solitude, c’est dur. 

Automatiquement, en entendant ça, mes interlocuteurs avaient une seule réaction : sourcils haussés de surprise, l’air un peu peiné : « Mais tu ne t’es pas fait d’amis ? ». 

C’est énervant, comme réaction, parce que ça sous-entend que je pourrais faire quelque chose pour contrer ce sentiment de solitude. Que, d’une certaine façon, c’est de ma faute : je n’ai pas fait assez d’efforts pour rencontrer de nouvelles personnes, je ne suis pas allée à assez d’évènements… Alors qu’en fait, c’est tout l’inverse : j’ai tout fait. Ici, à UCD, il y a tout le temps des choses à faire, des endroits où aller et des gens à rencontrer. Et j’ai fait plein de choses. Une de mes plus grandes fiertés, c’est que même en Septembre, quand tout était nouveau et effrayant, je ne me suis pas laissée m’apitoyer sur mon sort. J’ai essuyé mes larmes, et je suis alllées aux soirées pizzas, aux clubs d’écriture et cafés-croissants avec la tête haute. Maintenant, j’ai plusieurs amies avec qui je suis de plus en plus proche. Je me sens bien.

Mais le fait est que souvent, la solitude est encore pire quand je viens de passer un super moment avec mes amies. Ou quand je suis encore avec elles. Parce que la solitude, c’est pas juste être seul. La solitude, c’est aussi le sentiment de manque. Et ma famille, mon copain, mes amis de France… ils me manquent tous, et j’aimerais les voir plus souvent. Rien n’est plus triste que de réaliser à quel point, en vivant à l’étranger, on manque des choses. Des évènements. Anniversaires, premiers examens, passage du permis, tellement de choses, trop pour que je puisse toutes les citer. 

Étudier à l’étranger, c’est l’expérience la plus contradictoire possible. On est constamment un peu triste, et très heureux. Très triste, mais quand même heureux. Je ne regrette pas d’être venue ici, impossible. Après tout, on n’est qu’en février, je ne suis qu’en première année, et j’ai déjà tellement appris, vécu, grandi… Je savoure chaque émotion, même la tristesse, parce que ça fait partie de moi et de ma vie. (Oui, la tristesse c’est important, et si vous me croyez pas, révisez vos classiques et regardez Vice Versa 1 (et le 2 pendant que vous y êtes, il est trop incroyable pour ne pas être vu.).)

Donc oui, je me sens seule… un peu constamment. D’autant que je n’ai pas vraiment d’amis proches français, donc il y a des choses que je ne peux tout simplement pas partager… Et puis, parler français me manque. MAIS je suis tellement bien ici aussi !! Et j’ai vraiment hâte de découvrir ce que le futur me réserve.

Pour en revenir aux personnes qui pensent que je n’ai pas d’amis quand je leur dis que je me sens seule… Je vous pardonne. Et je jubile sur le fait que du haut de mes dix-huit ans, je vis des choses uniques, et je comprends des choses que beaucoup ne comprendront jamais.

Mouahahahhaha… fallait s’expatrier. 

En résumé : étudier à l’étranger, c’est horrible, mais c’est surtout incroyable. La question que je me posais le plus, en Septembre, au tout début, c’était : « Au fond, est-ce que ça en vaut la peine ? »

Eh bien, après six mois en Irlande, je peux déjà y répondre. Et si vous avez bien suivi jusqu’à maintenant, vous devez vous douter de la réponse. 

À bientôt !

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